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SAMBA CHA CHA CHA RUMBA PASO DOBLE JIVE

 
 

 

Danse nationale du Brésil, la samba fait immanquablement penser au carnaval de Rio de Janeiro. Son rythme marqué et enlevé fait de cette danse un classique des fêtes exotiques d'autant plus que des styles variés de musiques ont été composées afin d'être dansé en samba. Pour autant il n'existe pas qu'une seule samba dans le monde : la samba qui est pratiquée en Europe n'est pas forcément celle qui est dansée au Brésil ou en Argentine...

Origines : La musique samba est fortement bâtie autour des percussions que les esclaves africains ont apporté avec eux au Brésil. L'effet hypnotique de ces rythmes d'influences africaine, portugaise et locale ainsi créés a entraîné l'exécution pieds nus d'une nouvelle danse ("semba").

Lors du carnaval, les danseurs de samba sont vêtus de costumes imposants qui empêchent la plupart des mouvements sauf ceux des pieds. Ainsi la samba de Rio, dansée en solo, est-elle très différente de la samba de couple internationale. La rythmique de base est "vite vite lent et" est gestuée en trois pas et un petit lever de genou. L'ensemble est très déhanché, surtout pour les filles. 

Évolution : C'est la danse en couple nommée maxixe, de la même famille que la samba, qui fut le prélude à la diffusion de cette dernière hors du Brésil au début du XXe siècle. Arrivée en France en 1924, la samba se dansait d'une manière plutôt raide et s'inclinant en avant et en arrière alternativement. Après une période moins intense la samba connut un regain de popularité dans la fin des années 1930 et les années 40 particulièrement grâce au cinéma et de films comme "Flying to Rio" ou "Carioca" où jouent Ginger Rogers et Fred Astaire.

Peu à peu la variante internationale de la samba prit forme et fut standardisée pour les compétitions de danses sportives latines. La samba internationale se danse autour de la piste sur une rythmique "lent vite lent" (3/4 de temps, 1/4, 1). On y repère quelques figures caractéristiques comme les "bota fogos" ou le "roll".

Notons pour mémoire l'existence d'une variante "bal" de la samba qui ne comporte pas de déplacement autour de la piste (danse non progressive) et beaucoup plus pauvre en figures que la samba de compétition.


 

Comme il arrive souvent, il faut rechercher l'origine de la danse cha-cha dans la musique sur laquelle elle se pratique. Tout débute en 1948, lorsque Enrique Jorrín réorchestre un morceau populaire mexicain en combinant deux rythmes cubains : le danzón et le montuno. Ce morceau fut enregistré et diffusé plus tard, en 1953, et il connut un grand succès sous le nom d'Engañadora. Les danseurs de l'époque repérèrent facilement les trois battements de bongo rapprochés caractéristiques de cette musique (rythme triple). Ce rythme de percussion se traduisit en un pas chassé dans la danse. Ce serait d'ailleurs le bruit des 3 glissements de pieds sur le sol du pas chassé qui donna le nom à la musique et à la danse : "cha cha cha", abrégé par la suite en "cha cha". La danse en elle-même est issue de la rumba et du mambo qui se pratiquaient déjà depuis plusieurs années. Elle se diffusa très vite du continent américain vers l'Europe en 1954 en même temps que la musique.

Évolution : Si, en 1955, le cha-cha se dansait à deux, face à face, dans contact et avec une bonne dose d'improvisation au "Carrol's" parisien, la danse fut codifiée en tant que danse de couple avec contact comme la rumba par des professeurs de danse anglais plus tard. Aujourd'hui, le cha-cha représente réellement une danse dissociée des autres danses issues du folklore cubain. Pour s'en rendre compte, il suffit de comparer les différents styles lors des compétitions de danse sportive. Le cha-cha est toujours dynamique et joyeux, et le "cha cha cha" du pas chassé permet de réaliser des figures qui identifient fortement la danse tout en permettant à la cavalière de se mettre en valeur. Les figures de base sont pourtant très similaires à celles de la rumba, son aînée.

Il est à noter qu'il existe une version "dancing" du cha-cha qui s'articule sur un rythme double et dont le pas de base s'effectue sur un carré. Quoiqu'il en soit, le cha-cha international est de loin le plus pratiqué en rythme triple.


 

On dit fréquemment que le rumba est la danse de l'amour... Les lents mouvements que les danseurs effectuent confèrent à cette danse une sensualité particulière qui ne laisse pas indifférent. L'évolution du couple de danseurs est à rapprocher d'une parade nuptiale du monde animal : la femme aguiche l'homme avant de se dérober au dernier moment tandis que l'homme tente de la séduire en essayant de garder le contrôle...

Origines : La rumba prend ses origines dans les danses populaires de l'île de Cuba comme la hanabera ou la guajira, dont on peut avoir un aperçu à travers le titre connu "Guantanamera". Il apparaît que le verbe danser se dit "rumbiar" dans la tradition cubaine ; ce mot fait référence également par extension à un bal ou toute fête dansante.

La première version de la rumba, à la fin des années 1920, est connue sous le nom "rumba-boléro". C'est une  rumba lente, que les partenaires la dansaient alors très proches l'un de l'autre, un peu comme le slow moderne que nous connaissons. 

La forme actuelle de la rumba, la "rumba cubaine", fit son apparition à la fin des années 40, développée en parallèle par des professeurs de danse aux États-Unis et en Angleterre. Les partenaires sont alors plus distants l'un de l'autre que dans la forme initiale de la danse, ce qui permet d'intercaler des phases dynamiques parmi la succession de gestes langoureux. La codification définitive de la danse fut réalisée en 1947, à Milan lors d'un rassemblement international de professeurs de danse.

De nos jours, la rumba dansée en compétition de danse sportive n'a pas grand chose à voir avec ses origines (hormis la musique), mais elle garde son statut de danse "fondamentale" par rapport aux autres danses latines qui en tirent leurs racines.


 

Lorsqu'on parle du paso-doble (ou tout simplement "paso"), c e sont certainement des images relatives à la tauromachie et à l'Espagne qui nous viennent à l'esprit. Et c'est avec justesse car les origines espagnoles de cette danse (comme le flamenco) y sont pour beaucoup et, du coup, on se demande pourquoi, en compétition, le paso figure parmi les danses latino-américaines où ne figure pas le tango... (ah, ces anglais !).

Origines : Le nom paso-doble signifie littéralement "deux pas", probablement parce cette danse est basée sur une simple marche stylisée. C'est dans le contexte des corridas d'Espagne (qui existent depuis le XVIIe siècle) qu'il faut situer les origines du paso-doble. L'entrée des toréadors dans l'arène était accompagnée d'une musique au rythme marqué et au style martial. Au début du XIXe siècle, une danse se développa sur cette musique et dans cet esprit de corrida, lutte entre l'homme et le taureau. Le paso-doble est associé à une mise en scène où l'homme joue le rôle du toréador et la femme joue le rôle de la cape... C'est pour cela que "l'habit de lumière" et l'attitude macho correspond bien au cavalier et la robe rouge et l'attitude provocante correspond à la cavalière. La scène finale du film " Ballroom Dancing" symbolise bien cet état de fait. L'ensemble de la danse consiste donc en un jeu entre le danseur, sa danseuse et le taureau imaginaire.

Évolution : Le paso-doble passe rapidement les frontières de l'Espagne pour se développer et prendre tout son essor dans le sud de la France d'où il conquiert le reste du pays. C'est pour cette raison que de nombreuses figures de base du paso-doble portent des noms français : "sur place", "le huit", "la cape", etc. Ce n'est que plus tard que la codification du paso-doble a été internationalisée par les anglais. C'est cette codification qui est utilisée dans le cadre des compétitions de danse sportive. 

Le paso-doble dans sa version dite "dancing" se voit plus couramment en dehors des compétitions et correspond plus à la tradition populaire française. Cette manière de danser est certes moins spectaculaire, mais elle se marie facilement à toutes le générations ; bien que ce soit une danse classée "vieux jeu" auprès des moins de 40 ans qui préfèrent la salsa en ce début de siècle... Ainsi, le paso-doble est, avec la valse musette, une danse typiquement ancrée dans la culture française. La preuve est le fait qu'on la rencontre à coup sûr lors des bals de mariage... mais peut-être s'agit-il plus de faire plaisir aux "anciens" ?


 

Même si le mot "jive" a été un terme générique pour indiquer la manière de danser sur de la musique jazz/swing pendant les années 30-40, il dénomme aujourd'hui l'équivalent "danse sportive" du rock et se danse en 6 temps. Il est à noter que c'est sous ce nom de les danses swing sont arrivées en France via les GIs américains à la fin de la seconde guerre mondiale. 

Le jive actuel fait partie des 5 danses latines de compétition aux côtés du cha-cha ou de la samba et a été codifié par des professeurs de danse anglais. La caractéristique essentielle du jive est le mouvement prononcé des hanches (caractéristique des latines de compétition) et la répartition des mouvements plus syncopée qu'en rock sur des 3/4 et des 1/4 de temps. 

En compétition, le jive se danse sur rythme musical 4/4 à une vitesse comprise entre 44 et 46 MPM et est exécuté après toutes les autres latines alors que c'est de loin celle qui demande le plus de ressources physiques !